Blog d'information des habitants de Saint Selve sur le projet LGV dans le Sud Gironde
LGV : Des recours contre les deux premières déclarations d’utilité publique prononcées dans le cadre du grand projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO) sont en cours de finalisation.
Source SUD OUEST : http://www.sudouest.fr/2016/01/14/les-opposants-ripostent-2242192-2760.php
A la Une / Bègles / Publié le 14/01/2016 . Mis à jour le par élisa artigue-cazcarra ( Sud Ouest )
©archives «SO»
Les recours viseront les DUP sur les aménagements ferroviaires au Sud de Bordeaux et au Nord de Toulouse.
Ils devraient être déposés dans les prochaines semaines devant la justice administrative. Les premiers recours des opposants au Grand projet ferroviaire du Sud Ouest (GPSO) se précisent. Ils viseront les deux premières déclarations d'utilité publique (DUP) qui ont été prononcées dans ce dossier.
La première DUP a été signée par Pierre Dartout, préfet de la nouvelle région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes et préfet de Gironde, le 25 novembre dernier. Elle porte sur les aménagements ferroviaires au Sud de Bordeaux (AFSB) pour lesquels la commission d'enquête publique chargée d'examiner ce volet avait rendu un avis favorable, en février 2015. Ces aménagements consistent en la création d'une voie supplémentaire de 12 km entre Bègles et Saint-Médard-d'Eyrans, la reconfiguration des gares de Bègles, Villenave-d'Ornon, Cadaujac et Saint-Médard-d'Eyrans et la suppression de six passages à niveau.
La seconde DUP a été paraphée voilà quelques jours, le 4 janvier, par Pascal Mailhos, le préfet de la nouvelle région Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon, et concerne les aménagements au Nord de Toulouse (AFNT) sur 19 km entre Saint-Jory et la gare de Toulouse-Matabiau. Des travaux qui avaient obtenu, en février dernier, un avis défavorable de la commission d'enquête publique mise en place sur ce volet.
Douze assos sur les rangs
Pour rappel, la décision finale sur l'utilité publique du troisième volet, le plus important qui avait, lui aussi, obtenu un avis défavorable de la commission d'enquête et porte sur les lignes nouvelles Bordeaux-Dax et Bordeaux-Toulouse, n'est toujours pas tombée. Celle-ci ne pourra être prise que par décret, après avis du Conseil d'État. Le délai limite court jusqu'au 8 juin.
Mais en attendant, pas question pour les opposants au GPSO de rester dans l'expectative. D'où ces offensives contre les premières DUP qui ne sont pas sans incidence pour les plans locaux d'urbanisme des communes concernées. Des attaques qui se préparent un peu partout.
En Sud-Gironde, l'association LGVEA tenait ainsi une assemblée générale extraordinaire lundi soir, à Saint-Médard-d'Eyrans. Une réunion à laquelle assistait une centaine de personnes, dont de nombreux élus locaux, notamment de la Communauté de communes de Montesquieu, l'une des collectivités qui « fera partie des requérants », annonce son président, Christian Tamarelle.
Le but de cette AG, faire valider les saisines à venir des tribunaux administratifs de Bordeaux et de Toulouse. « Nous sommes une douzaine d'associations de Gironde, du Lot-et-Garonne et du Tarn-et-Garonne sur les rangs, indique Jean-Robert Thomas, président de LGVEA. Nous organisons tous des AG en ce moment pour se mettre en ordre de marche. Les recours contre les deux premières DUP seront déposés en même temps. »
Soupçons de conflit d'intérêt
Ces recours ne manqueront pas d'étriller ce que LGVEA qualifie de « grands projets inutiles et imposés », « peu pertinents pour l'emploi local », « dispendieux » et « très risqués » pour les finances publiques. « Si l'on ne prend que les aménagements au Sud de Bordeaux, ils ne résoudront en rien les problèmes majeurs du réseau TER, c'est-à-dire des trains utilisés au quotidien par des milliers de personnes pour aller travailler. Les TGV seront prioritaires sur la voie supplémentaire », insiste Jean-Robert Thomas dont l'association a toujours plaidé pour un réaménagement des voies entre Bordeaux et Toulouse permettant aux trains d'y circuler à 200-220 km/h.
Les demandes d'annulation des DUP ne manqueront pas non plus de soulever d'autres questions. Notamment des soupçons de conflit d'intérêts. « Nous avons découvert que l'un des membres de la commission d'enquête publique sur les aménagements au Sud de Bordeaux était employé, quelques semaines avant sa nomination par le tribunal administratif, dans l'un des bureaux d'études qui a travaillé sur le GPSO », affirme devant l'assistance Lionel Bretonnet, membre du conseil d'administration de LGVEA chargé des questions juridiques.
Des arguments que des responsables de LGVEA ont répété, mardi, à Paris. Accompagnés de membres d'associations lot-et-garonnaises, ils y sont montés pour y rencontrer leurs avocats : un cabinet inscrit à l'ordre des avocats au Conseil d'État.