Blog d'information des habitants de Saint Selve sur le projet LGV dans le Sud Gironde
C'est à Bordeaux, que le ministre de l'Écologie, de l'Énergie et du Développement durable, Jean-Louis Borloo, a avalisé le fuseau d'un kilomètre de large du tracé de la ligne LGV Bordeaux-Toulouse.
Si certains points ont été revus et repensés par rapport aux propositions du préfet de Région, édictées en janvier dernier, notamment en Gironde et au Pays Basque, le fuseau reste inchangé sur le Lot-et-Garonne.
Selon ce tracé, la ligne LGV Bordeaux-Toulouse devrait entrer dans le département par la porte des Landes de Gascogne, évitant de troubler la quiétude des curistes de Casteljaloux. C'est donc la commune de Saint-Martin-de-Curton qui devrait être le point de départ de la ligne lot-et-garonnaise.
La ligne passerait par les territoires de Pindères, Pompogne et Fargues-sur-Ourbise avant de s'introduire dans l'Albret par Xaintrailles, Vianne, Bruch et Montesquieu. Elle prolongerait sa route dans l'Agenais sur Sérignac-sur-Garonne, Sainte-Colombe-en-Bruilhois, Roquefort, Estillac, Sauveterre-Saint-Denis, Saint-Nicolas-de-la-Balerme et Caudecoste.
« Tout n'est pas joué »
Pas de changement donc par rapport au 11 janvier dernier, au grand dam des opposants à la nouvelle ligne, au premier rang desquels la Coordination 47 pour le TGV sur les lignes existantes, qui réunit différentes associations de l'Albret à Caudecoste.
« Même si notre idée progresse, nous n'avons pas gagné. Néanmoins, tout n'est pas joué. Déjà le ministre a cédé un peu au Pays Basque, le château de cartes est ébranlé », lâchent Claude Semin et Charles d'Huyvetter, de la Coordination 47. « Nous continuons le combat en multipliant les réunions d'information, et en demandant des entretiens à Alain Rousset et Jean-Louis Borloo. Enfin, nous demandons un moratoire jusqu'à ce que l'étude demandée par certains élus lot-et-garonnais sur l'aménagement de la ligne actuelle ait rendu ses conclusions. »
Les possibilités
S'il est en revanche un élément nouveau que l'on pourra retenir de la réunion du comité de pilotage des grands projets Sud-Ouest, présidé hier par le ministre, c'est la position de la gare LGV sur l'Agenais.
En janvier dernier, le comité avait opté pour une gare « rive gauche », et plus précisément du côté de Sainte-Colombe-en-Bruilhois.
Hier pourtant, le préfet de région a certes affirmé que cette option restait privilégiée, mais il a également invité les élus à poursuivre la réflexion sur une modernisation de la gare du centre-ville d'Agen. Une position quelque peu « bancale » qui n'est peut-être pas sans relation avec la facture qu'imposerait une gare en rive gauche.
D'autant que les élus défenseurs de cette option exigent une liaison ferroviaire avec la gare du centre-ville sans rupture de charge et, de surcroît, financée par RFF. Sans parler des infrastructures qui découleraient d'une telle organisation : le pont de Camelat et les liaisons routières inhérentes à la desserte d'une nouvelle gare. Coût estimé de cette facture collatérale : 100 millions d'euros. Forcément, ça fait réfléchir…
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Préchac peut souffler un bon coup. La visite du ministre de l'Écologie, Jean-Louis Borloo, mardi à Bordeaux, a permis de revoir le tracé de la ligne LGV dans cette commune du Sud-Gironde particulièrement impactée par l'ébauche du fuseau de 1000 mètres retenu par le précédent comité de pilotage. Finalement, RFF est contraint de revoir sa copie. Un kilomètre supplémentaire et une rallonge d'une vingtaine de millions d'euros seront nécessaires pour suivre un tracé au large, plus à l'ouest, et évitant ainsi les hameaux en bordure des chemins de Mansencal et Baratgé, ainsi que les quartiers de La Ribeyre et Lautric. « Disons que c'est un moindre mal », commente à chaud Sandra Barot, maire de Préchac, qui rappelle d'ailleurs qu'elle n'a pas changé d'avis dans ce dossier, mettant en cause la réelle nécessité de cette ligne Bordeaux-Toulouse. « On a finalement accepté de prendre en compte nos arguments. Demain, nous aurons à examiner des propositions sur un nouveau fuseau de 1000 mètres. Par conséquent, nous resterons vigilants ».
Même si Patrick Monteil, membre du Comité de vigilance LGV, voit d'un bon œil une menace s'écarter des habitations ; il craint en revanche une démobilisation des citoyens pour s'opposer au projet de LGV dans sa globalité.
Mais la mobilisation saura-t-elle stopper un projet en marche à grande vitesse ?
Dans les Graves, on en doute. Car impliqué et force de propositions dans ce dossier, le monde viticole n'a pas obtenu gain de cause. Le tracé dit à l'Est demeure privilégié, au détriment de l'appellation et d'une demi-douzaine de ses châteaux.
« Pressions politiques »
Pour Dominique Haverlan, président du syndicat des Graves, c'est la consternation. D'autant que la semaine dernière encore, le viticulteur rencontrait le conseiller technique du ministre Borloo et que ce dernier en convenait, dit-il, « le tracé le long de l'autoroute est le plus respectueux du site », alors que « celui-ci contourne au lieu d'aller tout droit ».
Un choix qui pour le président relève de « pressions politiques de maires sarkozistes » et de « l'absence d'engagements à nos côtés d'Alain Rousset alors que c'est tout de même sa circonscription ».
Un choix du tracé que Christian Tamarelle, maire PS de Saint-Médard-d'Eyrans, ne comprend toujours pas. « Je suis toujours dans l'attente d'éléments techniques me démontrant que tel ou tel tracé est plus valable. J'ai le sentiment qu'il y a eu un ordre de faire vite, pour donner du travail à des grands groupes, sans prendre le temps d'étudier nos propositions ».
« Et qu'on ne dise pas que le tracé ne touche que deux châteaux », tempête Alice de la Haye. Propriétaire avec ses parents du château Le Tuquet, à Beautiran, elle s'insurge contre « un tracé qui a privilégié des sommes d'intérêts individuels sans se soucier de l'intérêt général ». Et si sa mère Marie-Thérèse Ragon déclare n'avoir « plus aucun espoir » de voir le tracé évoluer favorablement, Alice, elle, entend bien défendre bec et ongles « les réserves foncières qui font la valeur de la propriété ».
A quelques kilomètres de là, Bruno Géraud est lui résigné et n'a aucune envie de commenter « cette annonce (qui) n'est pour moi pas une surprise ». Le fuseau traverse de part en part le château Méjean, à Ayguemorte-les-Graves.