Blog d'information des habitants de Saint Selve sur le projet LGV dans le Sud Gironde
Hier, le gros débat de la séance a porté sur le dossier LGV. Son financement par le Département ressemble à un ticket d'entrée
Le Conseil général va bien financer la LGV Sud-Europe Atlantique et donc lâcher 29 millions d'euros pour qu'Angoulême se rapproche un peu plus de Bordeaux et Paris… Un don accordé du bout des lèvres. Au moment d'entériner le rapport départemental qui prévoit de débloquer 2 millions d'euros dès 2011, Jean-François Dauré a même affirmé qu'il voterait « à reculons ».
Les élus de la majorité ont-ils été titillés par la manifestation d'Attac contre la ligne à Vinci, jeudi, devant l'hôtel du département ? Pas forcément… Cela dit, hier, on sentait bien une certaine gêne politique dans les rangs d'une majorité de gauche peu enthousiaste à déblayer le terrain pour les caisses de Vinci, l'exploitant privé de la future ligne à grande vitesse.
Méfiance
À droite aussi, c'est la soupe à la grimace. Les premiers remous sur le financement public de la LGV proviennent des bancs de l'opposition. Ainsi, François Lucas ne se fait guère d'illusions sur la priorité que le gestionnaire accordera à la Charente. L'élu rappelle que depuis 2001, « on a perdu dix minutes sur le trajet Angoulême-Paris », parce que « les trains à destination de Bordeaux sont invités fréquemment à dépasser ceux qui s'arrêtent à Angoulême »…
Robert Richard, lui, se méfie des engagements à géométrie variable de l'État. En décortiquant la convention finale, bientôt signée, l'élu du Cognaçais entrevoit quelques indices justifiant sa méfiance : « J'ai besoin de savoir si les collectivités qui financent seront mieux traitées que celles qui n'y vont pas », admoneste-t-il…
Realpolitik
À propos de promesses non-tenues, Bernard Charbonneau joint la preuve à la parole : en dépit des assurances données par la SNCF, l'arrêt du TER de 9 heures du matin a été supprimé à la gare de Ruffec ! Une nouvelle qui fait tiquer le président Boutant et qui conduit Philippe Lavaud à vanter de nécessaires « actions de lobbying » pour que « la gare d'Angoulême soit bien desservie par la LGV, a minima au même niveau qu'aujourd'hui ».
Jean-François Dauré renchérit : depuis l'arrivée de Lisea (1) dans le grand bal du rail, l'élu de La Couronne a l'impression « de reprendre à zéro » les négociations validées par Réseau ferré de France (RFF). À zéro et sans joie : Dauré a du mal à encaisser que de l'argent public soit massivement investi sur un projet considéré comme une machine « à profits pour Vinci ».
Globalement, Michel Boutant comprend l'ensemble des inquiétudes et des réticences. Seulement, le président rappelle que le financement charentais de la LGV, obtenu après maints pourparlers, a permis à l'État de lâcher un gros lest (196 millions d'euros !) pour la modernisation des routes charentaises. « Quoi qu'il en soit, nous ne voulons pas nous retrouver les dindons de la farce », prévient-il, à l'unisson des siens…
« Torturé » à l'idée de financer la LGV privée, Patrick Berthault, le rapporteur communiste du projet, est allé dans le même sens : « Si nous ne participons pas au financement, on risque de ne pas pouvoir participer à l'accompagnement du projet. Je vous rappelle que le gestionnaire n'a pas formellement obligation d'arrêter les TGV en Charente. » Un bel exercice de « realpolitik » !
(1) Lisea est le groupement concessionnaire composé de Vinci, de la Caisse des dépôts et d'Axe Private Equity.
Note de la rédaction : cet article, initialement paru le 18 décembre dans nos pages Charente, a été de nouveau publié ce lundi 20 décembre dans l'édition de Charente-Maritime.
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Un dossier de dernière minute, concernant la LGV, est apparu à l'ordre du jour du conseil de la Communauté de communes sud Pays basque (CCSPB) jeudi soir. Il s'agissait de se prononcer sur un courrier reçu fin novembre de la part du préfet de la région Aquitaine.
Il informe les élus communautaires de sa volonté d'organiser les signatures de la convention de financement, associant l'État, RFF, et les collectivités territoriales pour le tronçon Tours-Bordeaux d'une part et d'autre part, du protocole d'accord pour le tronçon Bordeaux-Espagne d'autre part.
Le Conseil communautaire, au grand complet, « tout en réitérant son souhait de voir l'Aquitaine raccordée au réseau de Ligne à grande vitesse ferroviaire en vue d'assurer son développement », a refusé de signer toute convention ou protocole, y compris financier.
Les élus de la CCSPB, on le sait, s'opposent sur le fond au projet de traversée du Pays basque. Or, ils estiment en substance que lancer le protocole équivaut à considérer que tous les partenaires impliqués sont d'accord pour lancer les travaux. Ils soulignent que c'est faux, et que leur opposition, « n'est pas prise en compte. »
Ils relèvent par ailleurs qu'ils n'ont pas été associés, « contrairement à ce que dit le courrier » préfectoral, à une mission visant à « rédiger les documents de concession. »
Ils évoquent « un simulacre de concertation ». Ils estiment que « le projet cache une réalité qui bafoue gravement le rôle et les fonctions des élus locaux que nous sommes. »
Absence de réponsesL'une des raisons de ce refus collectif de signer, repose sur l'absence de réponses aux questions que le Conseil communautaire posait dans un courrier envoyé au préfet le 10 août 2009. « Nous avions écrit qu'un partenariat était envisageable à la seule condition que nos demandes concernant la partie du tronçon traversant le Pays basque, soient entendues », rappelle, le président de la CCSPB, Michel Hiriart.
Ils y interrogeaient principalement sur deux points. Ils désiraient d'une part être éclairés sur le traitement réservé à la traversée du Pays basque de Bayonne et la frontière, « ne pouvant concevoir qu'après l'autoroute A 63, la nationale 10 et la voie ferrée existante, une nouvelle percée traumatisante ne porte atteinte aux richesses environnementales, économiques et humaines du Pays basque. » D'autre part, ils demandaient que soit prise en compte « l'évolution du trafic » sur le territoire.
Les élus de la CCSPB restent sur leur position alors que l'étau semble se resserrer sur les revendications et font front commun, réaffirmant un argument prégnant : que « la voie existante, une fois modernisée et insonorisée est susceptible d'absorber », les liaisons internationales estimées à 3 allers-retours quotidiens.
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Ils étaient une poignée, hier, à battre le pavé devant le Conseil général où se tenait une session plénière. Des militants d'Attac, du Collectif de défense des services publics, du NPA, du Parti de gauche, du Parti communiste, d'AC !, du syndicat Solidarité et de la Confédération nationale du travail.
« Nous sommes là pour dénoncer le contrat de concession de la LGV, sur le tronçon Bordeaux-Tours, attribué pour cinquante ans au groupe Liséa, mené par Vinci », exprimait Anne Frouard, responsable d'Attac.
Privatisation rampante« Le groupe va prendre, seulement, 29 % des investissements à sa charge, mais va, ensuite toucher 100 % des recettes liées aux péages pendant toute la durée de l'exploitation », poursuivait-elle. Les 71 % restant devraient être répartis entre Réseau ferré de France (28 %), l'État et les collectivités locales. « Autrement dit l'argent public puisque RFF est un établissement d'intérêt public et commercial. »
Pour les militants, ce contrat de concession est une privatisation rampante du transport ferroviaire, « on nationalise les coûts et on privatise les recettes ». Ils dénoncent le fait qu'il a été demandé aux collectivités locales, tel le Conseil général, de signer des accords de principe sur le financement de la LGV, « sans aucune connaissance de la répartition financière. Aujourd'hui, on nous parle de 50/50, mais ce n'est pas vrai. »
L'action d'hier avait pour but de sensibiliser les conseillers généraux à cette question. « Si le Conseil général refusait de signer la convention de financement, cela remettrait en cause le contrat de concession. Il faut vraiment que le service public demeure l'acteur principal du domaine ferroviaire », lançait Anne Frouard.